Bulletin : Chapelle St Joseph - Dec 2018

La Bonne Nouvelle de Calédonie

Le martyrologe romain annonce pour le premier dimanche de l'Avent "Le premier dimanche du temps de préparation à la venue de Notre Seigneur Jésus-Christ”. L’Avent est une préparation à la venue de la grâce du Seigneur, c’est un temps de désirs, d'aspirations, d'attente. Pour que la nourriture soit profitable, il faut que le corps ait faim. Dieu ne veut pas imposer sa grâce à des âmes rassasiées. "Ceux qui ont faim, il les remplit de biens ; quant aux riches, il les renvoie les mains vides.” C'est là une des plus anciennes lois du royaume de Dieu. C'est pourquoi, pendant quatre semaines, l'Église nous fait ressentir la faim spirituelle, le besoin de Rédemption, en un “petit carême” fait de pénitences, de bonnes oeuvres et de prières. Noël est une application actuelle des grâces de l’Incarnation, le temps de l’Avent est fait pour nous mettre dans les dispositions voulues pour recevoir le Christ dans son avènement de miséricorde, pour profiter pleinement des grâces de Noël. “Réveillez nos coeurs Seigneur, pour préparer les voies à votre Fils unique, afin que par sa venue nous puissions vous servir avec des âmes purifiées.”

Le mystère de l’Incarnation est quelque chose de si grand, qu’il a fallu des siècles pour travailler à sa préparation. La prière des saintes âmes, l’appel des prophètes, les châtiments du peuple élu, ses purifications et ses meurtrissures, l’exil et la persécution, en un mot tout le mystère de l’attente, viennent aboutir dans l’âme très pure de Marie. Dieu a révélé le Rédempteur d'une manière progressive, et l'Église l'imite dans sa liturgie. Le premier dimanche de l’Avent met sur nos lèvres cette prière : “Réveillez votre puissance, Seigneur, et venez”, le second nous dit : “Le Seigneur viendra pour sauver les nations” et nous fait déjà désirer les joies de notre rédemption: “Tiens-toi sur la hauteur et vois la joie que ton Dieu t’enverra.” Nous saluons le Roi qui doit venir. À partir du troisième dimanche, l'Église accentue son attente: "Réjouissez-vous car le Seigneur est proche.” Pendant les Quatre-Temps, nous associons avec plus d’empressement notre jeûne et notre pénitence à la prière: “Hâtez-vous, Seigneur, ne tardez pas, apportez-nous d’en-haut la force bienfaisante, afin que votre venue en ce monde soulage et relève ceux qui se confient dans votre miséricorde”; “Prenez courage, notre Dieu viendra et nous sauvera.” “Venez et montrez-nous votre face, Seigneur.” Au quatrième dimanche: “Le Seigneur est proche, Venez, Seigneuret ne tardez plus.” Puis viennent les antiennes ‘O' des vêpres, l’attente la plus pressante de l’Avent. “Ô Adonaï, venez pour nous racheter par la puissance de votre bras”; “Ô Emmanuel, notre Roi et notre législateur, attente et Sauveur des nations, venez nous sauver, Seigneur notre Dieu”. Au soir de la
vigile de Noël, enfin nous nous tenons devant les portes qui s'ouvrent et donnent au monde le Sauveur: “Haussez-vous portes éternelles, le roi de gloire va faire son entrée”, “Aujourd’hui vous saurez que le Seigneur vient, et il nous sauvera, et vous verrez demain éclater sa gloire.” Ce n’est qu’au terme de ces quatre semaines d’intense préparation que nous entendrons alors à la Messe de minuit: “Il vous est né aujourd’hui un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.” (Luc 2,11)

Autrefois il y avait des calendriers de l’Avent, il fallait attendre chaque jour pour ouvrir une nouvelle case qui contenait une partie d’un dessin qu’on ne verrait en entier qu’à Noël, c’était tout-à-fait dans l’esprit d’attente et de sacrifice qui doit être le nôtre pendant ce temps liturgique. Alors suivons généreusement ce conseil de l’Eglise puisque tout nous y porte. Par la grâce de Dieu, préparons-nous à la grande fête de Noël, que cette fête soit pour nous, cette année, une véritable étape dans notre vie pour le ciel, par notre conversion, aux côtés du prophète Isaïe et de ses grands désirs, de Saint Jean-Baptiste et de sa pénitence, de la Très Sainte Vierge Marie, déjà mère de Dieu dans son attente d’enfantement, ayant déjà donné asile au Christ dans son sein, modèle parfait de l’habitation divine en nos âmes. C'est là un
triple accord de la mélodie de l’Avent: Isaïe, Jean, Marie: saints désirs, pénitence, union à Dieu. Voilà ce que doit être pour nous le saint temps de l’Avent, il nous est offert pour aiguiser notre désir de Dieu, notre soif de Dieu. De même, Saint Benoît exigeait de chaque postulant qui venait au monastère, qu’on s’interroge pour savoir si vraiment il cherche Dieu, il avait compris combien la force de notre désir détermine la qualité de toute une vie. Si l’intelligence montre le but, c’est le désir qui nous y porte, il ne suffirait pas d’avoir la science de la sainteté, il faut avoir le désir de la sainteté. Quand bien même nous aurions une haute idée de Noël, nous pourrions passer à côté de la grâce de Noël si nous n’avons pas l’humble désir de l’Enfant-Dieu etdu salut qu’il nous apporte. La qualité de notre charité est  oumise à la hauteur et à la force de notre désir d’aimer Dieu, de même les grâces de Noël dépendent de notre préparation à les recevoir.